08 août 2010
Déraisonnable
Je ne saurais pas vraiment raisonner pourquoi je crois. Cécile RousselPourquoi je crois?
Pour moi c'est comme une poésie intérieure,
un chant qui porte ma vie.
Ma foi est déraisonnable et ça me plaît!
Je ne sens pas le besoin de raisonner le merveilleux,
la beauté... Je les recherche, les accueille et les médite...
mais on peut essayer d’en sonder un peu la raison..
Je pense justement que je crois
parce qu'il y a cette beauté de la vie
qui nous emporte au-dessus du banal, du gris,
et nous ouvre à ce regard qui dépasse la raison
et la contient avec un sourire complice.
Je pourrais dire que la raison fait partie de ma foi.
Puisque si je crois, c'est que la Parole de Jésus
« a du sens » pour moi, répond à mes questions, à mes aspirations,
et me dit que nous sommes plus grand que la simple raison.
Que notre cœur est la porte du ciel.
Que la bonté et l'émerveillement sont un soupir divin en nous.
Que bien plus loin que nos petites lois,
il y a l’Esprit de la vie, de l’amour, qui souffle fort
et gonfle la voile de nos rêves et les rend possibles.
La joie, tout comme la beauté et la bonté,
est là toujours pour nous dire qu'il y a plus.
Je crois parce que j’ai soif d’absolu, en toutes choses.
Bien sûr, il y a la maladie, et surtout la mort,
qui nous provoquent et nous font mal,
qui nous plongent dans des sentiments durs à vivre
et nous enfoncent souvent dans des moments de doute et de noirceur
parce qu'elles nous blessent dans notre désir d’épanouissement,
dans notre besoin de relation.
Mais cette blessure parle aussi de ma vérité,
de mon désir, de mon besoin vital de me relier,
et me dit que sans les autres ma vie perdrait son sens,
se retournerait sur elle-même et perdrait sa fécondité.
Je viens des autres pour aller vers les autres..
Pour m'épanouir, j'ai besoin de croire en une vie
que la mort n'arrête pas.
J'ai besoin de croire que « la relation » est éternelle
et que la séparation est une illusion,
parce que c'est reliée aux autres que je me sens vivre,
que je trouve le goût de créer, de me donner, de grandir,
de donner le meilleur de moi-même.
Et ce désir de donner le meilleur de ce qu'on est, de ce qu'on a,
de dépasser ses peurs et ses limites, c'est déjà dépasser la mort.
C’est mon être intérieur qui crie qu’il y a plus,
comme la fleur de sous-bois qui se tend vers la lumière,
mon âme sait et m’invite à l’écouter.
Je crois, non seulement parce qu'il y a la beauté de la vie
mais à cause de l'élan que fait naître en moi cette beauté.
Je crois, par-dessus tout, parce que j'aime et que, dans cet amour,
je trouve un sens essentiel à ma vie et sa nourriture.
Ce sentiment d'amour, de bonté et de beauté
peut devenir si grand et si fécond en nous
qu'il pose de lui-même la certitude
d'une dimension plus grande qui puisse l'accueillir.
Je crois parce que je sens que je suis plus grande que ce que j'exprime...
autant dans la peine que dans la joie.
Parce que j'ai des désirs qui dépassent
ce que la seule vie matérielle et concrète peut donner.
Bien sûr la mort m'interpelle mais ce qui nourrit ma foi
c'est plus l'interrogation de la vie.
Cette vie que j'ai portée en moi, comme mère,
j'y ai senti son mystère
bien plus loin que dans sa logique cellulaire.
J'y ai senti vibrer un invisible lien.
La vie en moi, autour de moi, dans la nature,
reste pour moi une manifestation de la Vie immense,
infinie... qui sort d'on ne sait où
et retourne on ne sait où.
J'en pressens la source et la continuité.. au cœur même de moi.
Mon acte de foi est "déraisonnable"… et très humain!
La foi est le souffle fécond de ma vie,
son printemps et son élan créateur.
03 novembre 2009
Ma volonté est tendresse
Quand la vie se fait chemin nu et dévasté,
que je sois l'arbre qui t'accueille et te protège;
quand le soleil du jour devient feu violent qui brûle et
épuise,
que je sois l'ombre qui apaise ta brûlure et t'offre le repos;
quand ton regard n'a plus d'horizon et que ta vie devient forêt dense,
que je sois la clairière qui réjouit ton coeur et te permet d'espérer;
quand la soif dessèche tout ton être
que je sois l'eau vive qui jaillit en toi et te désaltère;
quand la vie devient désert et silence,
que je sois un oasis où le vent chante ton nom;
quand la nuit de la vie ferme les paupières de ton coeur,
que je sois la lumière de l'aube qui te réveille en douceur;
quand la solitude blesse ton coeur qui attend,
que je sois le message qui l'imprègne des parfums de la présence;
quand tu te sens comme un oiseau prêt à s'envoler,
que je sois le ciel infini où tu peux voler en liberté;
quand ta voix chante le bonheur d'aimer,
que je sois le silence qui accueille les notes de ton chant.
Qu'en tout moment, mon amour
prenne la forme de tes sentiments,
pour que tu me sentes toujours auprès de toi
et que je puisse envelopper toute ta vie!
Cécile Roussel (CR)
(inspiré de la lecture des psaumes)
.
08 avril 2009
Tout envelopper d'amour
Tout envelopper d'amour...
Par son chemin de croix, Jésus a voulu prendre sur lui tout ce dont on voulait le charger pour s'abandonner à nous encore plus et, par son amour sans limites, nous libérer de nos freins et nous mettre en route vers l'avant, vers une vie plus grande et plus humaine. Il nous a montré le chemin pacifique de l'amour. Le seul qui peut nous sortir de la nuit. Un chemin de vie. Une vie divinement humaine où on se sentirait solidaires, créatifs et pleins d'amour les uns pour les autres. Dans le sacrifice de Jésus, je vois un élan d'amour infini, de ce genre d'élan dont on se sent capable quand on aime profondément... quand on voudrait tout donner pour que la personne qu'on aime s'épanouisse et soit heureuse, même notre propre vie! Ce genre d'élan qui nous fait pleurer et saigner volontiers si c'est ce qu'il faut, aller jusqu'au bout de l'offre de vie qu'est l'amour, même au prix de soi. J'ai un respect profond pour le sang et les larmes versées par Jésus sur le chemin de la croix... J'aurais voulu, comme Véronique, retirer mon voile de sur mes cheveux et en éponger son visage... et son coeur... Petit geste de tendresse infinie chargé d'impuissance... Ce n'était pas leur Jésus bien-aimé qui avait échoué... c'est notre coeur qui a failli, c'est notre amour qui n'a pas su accueillir son grand amour. C'est une chose difficile pour les humains, l'amour. Mais Jésus, nous montre que c'est le seul chemin, et qu'il peut se vivre en toutes circonstances! Fidèle à son coeur, il se laisse faire par nous, comme au jour des Rameaux, procession d'abandon à la volonté des hommes... abandon plein de bonté... premiers pas subtil, de son chemin de croix. Il nous aime résolument, quoi qu'il arrive! Et c'est comme ça qu'il nous sauve, en tendant la main, en ouvrant les bras, encore et encore, il nous montre le chemin, il nous apprend le pardon de l'amour inconditionnel. Il nous appelle au-delà de nos peurs, de nos égoïsmes; il emmène avec lui, même le plus grand criminel à nos yeux si, soudain, il ouvre son coeur et se reconnaît enfant éternel d'un Père de bonté. J'aimerais aimer comme lui! Par sa capacité à tout accueillir des humains, et à tout envelopper d'amour, il a ouvert une brèche dans la nuit du monde pour nous hisser dans la vie de l'Esprit, Esprit du Père qui nous a portés, mis au monde, laissés libres... et qui attend notre retour, plein d'amour et de tendresse. Jésus a vécu nos conditions les plus dures, les plus dépourvues d'amour, jusqu'à se retrouver dans le couloir de la mort, par condamnation... et il les a dénouées, toutes, sans exception, dans la douceur, la compréhension et le pardon. Il a éclairé notre passé par le pardon et il nous invite à vivre l'amour avec intensité dans le présent pour sortir de la nuit où nous sommes vers la chaude lumière du printemps du Père. Il nous offre simplement le bonheur; avec un effort bien sûr. L'effort de l'amour total. Il nous propose de faire fleurir nos capacités de vie et d'amour sans freins et sans fin, pour que vienne enfin le Règne de la Vie débordante! Ce que je comprends, au-delà de la peine que me cause sa souffrance, toute souffrance, c'est que nous sommes capables d'y arriver, si nous empruntons son chemin! Le mot de passe : Aime de tout ton être!!
Cécile Roussel
18 novembre 2008
Si profondément humain
La parole du coeur...
Quand j'écoute parler Jésus, dans l'Évangile, je le sens si profondément humain! Ses paroles résonnent en moi, comme si c'était dans mon propre coeur qu'il parlait. Il existe une syntonie réelle entre son coeur et le mien.
Aussi, quand je tente d'exprimer le plus vibrant et le plus humain en moi, je me rends compte soudain que j'ai des mots qui ressemblent à des mots d'Évangile. Dans mon coeur, monte un sentiment très tendre et plein d'espoir. Quelque chose qui m'unifie et me stimule.
Si je m'abandonne à ce souffle intérieur, je me sens toujours plus vivante, portée par une onde qui me réchauffe, me renouvelle et, au besoin, m'apaise et me console. Dans cette ambiance, je me sens toujours près de "quelqu'un", près de la vie... près du bonheur.... C'est une communion qui ne ment pas. Elle me dit que c'est à partir de mon coeur que peut se réaliser le salut. Il ne viendra pas du dehors. C'est du coeur que vient l'accueil et que se produit le changement d'attitude qui transforme la vie, en moi et autour de moi.
On dit que Jésus vient sans cesse, mais c'est en nous qu'il entre d'abord, comme en Marie... Du plus intime de nous, l'Esprit du Père se présente et s'offre pour venir faire fleurir notre coeur et notre vie. Il est comme la sève qui, de l'intérieur, attend que l'arbre ouvre ses "veines", sous le soleil du printemps, pour commencer à y circuler et à faire fleurir ses branches. Notre oui, c'est un soleil de printemps qui réveille la capacité infinie de Vie et d'Amour qui est présente en toute personne.
Tout est si simple dans l'Évangile; si simple et si incrusté dans notre vie profonde. Il n'y a rien qui ne soit pas humain. On pourrait dire que l'Évangile de papier est une transposition du langage du coeur. La Parole, avant d'être écrite, s'est d'abord faite "chair"... ; elle est d'abord la Parole du Coeur de Dieu... son amour l'inscrit dans le coeur et la chair de l'homme. Il n'y a pas de distance!
Pour un coeur qui découvre sa relation intime avec Dieu, il n'y a plus d'impossibles; il n'y a plus plus de murs à la Vie, plus de limites à l'Amour... Notre coeur humain est la porte de la Maison du Père; c'est le grand secret que nous a révélé Jésus.
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Cécile Roussel
29 mars 2008
La douce prière....
La douce prière....
J'écoute
ta Parole
et je ressens en moi
quelque
chose de différent,
comme un germe de bonheur
toujours
neuf,
qui ne cesse de grandir,
une fenêtre qui s'ouvre
doucement, infiniment,
sur un monde inconnu, intérieur.
À
travers le brouillard
qui couvre mes yeux de chair,
j'aperçois
la lumière douce
du monde que Tu me révèles,
jour
après jour, de ton mystère
fait de paix et de
plénitude.
Ton monde est un lieu pour l'Amour
où
tout est grand, évocateur,
lumineux et doux...
un monde
de possibilités.
Ta Parole est présence et
semence
dans les sillons de mon coeur
qui s'éveille sans
cesse à Toi,
et je sens la vie qui grandit en moi,
dans
la terre meuble de mon amour
attentif et assoiffé de
vie.
Tu me sauves de l'illusion tenace
de ce monde fermé
sur lui-même,
si petit dans ses désirs.
Éclaire
de ta Tendresse
les fenêtres de mon coeur;
tire mes
rideaux et ouvre mes volets,
sans te lasser de ma lenteur,
pour
que je respire de plus en plus, auprès de Toi,
le plein air
de la vie fraîche
et le soleil de l'amour qui se donne sans
fin.
Avec ta Parole sous mes yeux, entre mes mains,
mon coeur
devient un oiseau qui chante
et s'envole dans les feuillages et
dans le ciel,
heureux de vivre et de se donner.
En Toi, tout est
printemps,
explosion de vie et de liberté
imprégnée
d'amour fort.
Tu inondes ma vie
du vin doux de ton Être.
Merci
de me donner ton Esprit et ton Coeur!
__________________
Cécile
Roussel
01 novembre 2007
la foi et la parole
« C'est
la tradition orale qui a sauvé mon peuple »
Antonine
Maillet
Une culture qui meure est une culture
que les gens abandonnent parce qu'ils ont perdu la foi en elle et
qu'elle a ainsi perdu la parole... La foi et la parole vont ensemble.
Il faut témoigner de nos origines et de nos appartenances, de
nos racines, pour que bourgeonne la culture, pour que vive le
peuple.
Chacun a la responsabilité de « passer »
le feu sacré aux autres en offrant des morceaux du tissus qui
formera la courte-pointe culturelle, mosaïque faite de
souvenirs, d'identité et de rêves.
Un peuple qui
s'est répandu de par le monde et qui ne possède aucun
territoire précis, aucun terroir, qui a eu un lieu de
naissance unique mais qui a ensuite pris le chemin du vaste monde, ce
peuple a besoin de la force de la tradition orale, de la parole, pour
se perpétuer, se répandre et grandir. Quand la parole
meurt, le peuple est déjà moribond. Mais si la parole,
du moins ce qui en reste, se remet à palpiter, à se
dire avec vérité et force, alors se réveille le
feu des origines et recommence à battre le coeur de ses
enfants. La parole est histoire et sagesse, connaissance et
reconnaissance. C'est auprès du berceau, en chantant les
berceuses et comptines anciennes que les mères et nourrices,
de tous les temps et d'un peu partout sur la terre, ont sauvé
la parole de leur peuple exilé, leur langue interdite. Le
berceau d'un enfant est le creuset de la culture.
Les guerres
sont une offense et une blessure dont les peuples peuvent se relever
et, parfois même, plus fort encore dans leur détermination
et leur identité, mais le propre abandon d'un peuple envers
son histoire, sa culture, sa parole, est une offense si profonde et
si grave qu'elle peut le faire disparaître totalement et à
tout jamais. Il n'y a même pas la douleur de la séparation
ni la blessure de l'affront pour réveiller l'attachement, il
n'y a que le subtil laisser-aller, la perte de foi en soi, en sa
culture, en ses racines, en son peuple, et puis l'abandon progressif
et de plus en plus rapide de sa parole. Un abandon qui prend des
airs, très souvent, de libération et de vie nouvelle.
Oublier, laisser mourir nos racines et la foi de notre culture finit
par créer un vide en nous que rien d'autre ne saura combler.
Aucune nouveauté, aussi prometteuse soit-elle, ne peut nous
satisfaire si nous la conquérons sur les corps morts de nos
valeurs, de nos racines et de notre culture profonde.
La
parole est plus qu'un témoignage, elle est une matrice de vie.
Sans paroles, il n'y aurait pas de révélation, pas de
communion, pas de continuité. La parole est relation. Elle
donne corps à l'esprit puis à son action, elle est son
stimulant, lui donne son sens, sa cohésion et sa projection.
Elle nourrit la fierté intime de « faire partie »
d'un peuple. De participer à le construire. Ce « faire
partie » est tout le sens de la communion si nécessaire
pour briser les solitudes. La parole d'un peuple évolue, elle
s'adapte sans cesse à la réalité; elle doit être
agile et vivante mais toujours tributaire du passé.
Quand
je regarde la déchéance des peuples autochtones d'ici
et puis leur réveil nouveau, leur prise de conscience de
l'importance de se dire, de la force de la parole, de la tradition
orale, pour leur survie et leur croissance, pour que leurs propres
enfants retrouvent foi en eux et dans la richesse de la vie, dans
leurs possibilités de vivre leur nordicité dans un
monde nouveau et moderne, je trouve un bel espoir. Je pense à
ce peuple de chrétiens, répandu sur toute la terre, qui
se cherche et gère mal la trop rapide décroissance de
ses structures. Et je ne peux pas m'empêcher de faire le
parallèle. Nous avons peut-être besoin de retrouver avec
force la Parole qui donne sens et but à notre vie, mais une
parole du ventre qui fait vibrer avec force nos fibres les plus
intimes. Un verbe qui se fait chair. Je rêve d'une Parole
vivante et féconde, une parole si vraie que chacun ait envie
de l'entendre de plus en plus, et de la reprendre à son tour,
parce qu'en elle il trouve quelque chose qui le fait vivre plus. Et
peu à peu, si nous laissons l'Esprit de la Trinité si
tendre parler par nous, nous aurons une parole de vie, capable de
porter et de faire grandir une Famille-Église qui se meurt
aujourd'hui par une mauvaise compréhension de la fidélité.
Trop fidèle à la dépouille des mots et au corps
des lois, elle doit redécouvrir le printemps de la Parole de
Dieu qui est si vibrant toujours entre les lignes. La Parole ne peut
être encarcannée dans le texte, prise dans des structures
figées, interdite de liberté. Elle doit pouvoir voler
librement d'un coeur à un autre, par amour, ivre d'amour.
C'est l'amour qui est le sang de la Parole et par lui seul elle vit
et fait vivre. Elle obéit aux même lois que l'amour.
Quand un peuple s'anémie, c'est que son sang manque de
nourriture. Pour que le peuple de Dieu reste en vie et continue de
grandir, il a un grand besoin de la nourriture de l'amour, un grand
besoin de Parole vivante. Il a besoin que chacun se sente
co-responsable de la survie du peuple tout entier et mette tout ce
qu'il peut au service de la vie, au service de l'amour qui alimente
la vie. C'est un don bien doux qui apporte le sentiment merveilleux
de « faire partie » de la famille et d'aider à
la maintenir. La tradition bien comprise est une source vivante et
vivifiante qui stimule la créativité. La Parole devrait
toujours être comme une sève, si essentielle au
printemps et à la continuité de la vie.
Nous
parlons d'un peuple en marche, mais les marcheurs se fatiguent et
perdent confiance. Ils ont besoin de l'espérance qu'apporte
une vraie bonne nouvelle pour se remettre en route avec ardeur. Quand
les livres ont livré leur capacité d'élan, c'est
dans l'humain que repose vraiment le secret du salut, dans la parole
qui vient de notre coeur, ce livre vivant et sans cesse remis à
jour, de la présence de Dieu dans le monde. Mais nous avons
peur de témoigner, peur de dire ce qui nous fait vivre, peur
de perdre l'appréciation des autres. Avoir peur, de cette
façon, c'est comme avoir honte de ses origines et c'est là
que commence la décroissance et la mort d'un peuple. Si nous
étions si fiers d'être les enfants de Dieu, d'être
de la famille de Jésus, nous en parlerions avec amour et
conviction, avec respect bien sûr mais sans complexe ni tabous.
Comme un trésor, une richesse, qu'on n'impose pas mais qu'on
désire ardemment partager. Nous saurions puiser, dans la
tradition, la force du message de Jésus et par notre parole la
déverser avec chaleur dans le présent qui est aussi Son
présent. Nous n'hésiterions pas entre deux mondes.
Jésus a raison quand il dit que nous n'avançons pas
parce que nous voulons à la fois et le monde et Dieu. Il faut
avoir le courage de nos origines et de notre foi et porter la Parole
comme une précieuse tradition pleine de vie. Ce serait bon si,
un jour, comme Antonine Maillet, chaque chrétien pouvait dire
à son tour: « C'est la « tradition
orale » qui a sauvé mon peuple ».
Cécile
Roussel
24 octobre 2007
Rencontre
- Qui es-tu?
- Je suis celui qui vient,
qui vient vers toi
de l'amour plein les mains
et le coeur débordant de joie.
Je viens infiniment vers toi.
Et l'attente qui est nôtre
est un moment d'éternité,
je suis confiant de te rencontrer
et ma patience a pour nom
l'amour partagé.
- D'où viens-tu?
- Je viens du coeur du temps
et j'apporte avec moi
un passé sans commencement,
une richesse à nulle autre pareille
guide mon pas
sur les chemins du présent.
- Où vas-tu?
- Je vais vers le coeur du temps
et je marche vaillamment,
même quand les gris brouillards
de l'incertitude
s'étendent devant mon regard,
aiguisant ma solitude.
- M'aimes-tu?
- Tu es devant et derrière moi
dans l'infinie douceur du temps.
Je t'appelle vers moi.
Ne demandes pas si je t'aime,
au fond de mes yeux
c'est ton regard qui étincelle.
Je t'aime d'un amour éternel.
Cécile Roussel
10 octobre 2007
Savoir dire merci...
On
ne peut même pas s'imaginer tout ce que les autres,
souvent
dans le silence, font pour nous.
Ce que nous percevons n'est
qu'une petite parcelle de tout ce que nous recevons.
Mais
souvent, ce sont les autres eux-mêmes
qui ne savent pas tout
ce qu'ils nous donnent,
tout ce qu'ils font pour nous.
Ils le
font souvent inconsciemment,
parfois même
involontairement.
Il ne faut pas être bien riche pour
donner.
Dans la ville, assis sur un bord de trottoir
à
mendier, nous donnerions déjà beaucoup,
nous ferions
généreusement cadeau aux autres
de graines de
« compassion » et de « solidarité »...
nous
les ferions germer et naître
dans les coeurs des
passants,
et, sans le savoir, nous deviendrions
des sauveurs
pour tous ces gens qui passent,
interpelés, choqués
ou rebutés par notre condition.
Le plus pauvre est plus
facilement proche de Dieu
que le plus riche de par son rôle
sur
la conscience des humains.
Peut-être est-ce pour ça
que Jésus le disait heureux.
Le démuni est un appel
constant pour mon coeur,
un appel concret à la bonté partagée.
Il
peut me redonner la vue,
si je m'arrête à sa vérité,
à son appel,
il peut redresser mon pas,
faire que mon
oreille entende.
Si je n'y réponds pas,
quelque chose en
moi se tortille et me questionne:
et je grandis quand-même.
Si
j'y réponds,
j'ouvre mon coeur à plus d'humilité
et
j'accepte que je suis mendiante, moi aussi,
que tout mon être
est une main tendue
vers la vie et vers le bonheur.
Cette
pièce que je donne
me retourne quelque chose
d'invisible.
Que je lui réponde ou non,
le pauvre
« matériel »
est, sans le savoir, un
collaborateur du ciel
qui me fait avancer sur le chemin
de ma
croissance et de mon humanité,
en me partageant un peu de
sa proximité du Père.
Il est important
d'apprendre à dire sincèrement merci
pour tout ce
qu'on reçoit, même sans le savoir;
ça éduque
le coeur et ça fait grandir la vie.
Et apprendre à
dire merci quand je donne,
c'est une attitude surprenante
mais
qui saura changer mon regard et mon coeur
encore plus profondément.
Cécile
Roussel
14 août 2007
La force de l'amour partagé
C'est vrai qu'il est bon et efficace de chercher la lumière et l'aide dans la prière. Il n'y a pas de magie dans cette démarche, mais simplement la recherche d'une nourriture très humaine. En priant, j'entre "en relation" avec Dieu, avec l'amour qui m'a faite et qui maintient ma vie toujours, malgré toutes mes erreurs, mes fragilités et mes fermetures. Quand je prie vraiment, ce qui se passe en moi c'est une communion d'amour, et dans toute communion d'amour se trouve une source de vie et de force qui nous relève. Quand je me sens seule ou dépassée par les événements, je pense à quelqu'un que j'aime spécialement et en qui j'ai le plus confiance, j'appelle sa présence à mes côtés, ou je vais le voir, si c'est possible, et j'y trouve une assurance et une force qui me permettent de continuer avec le sourire au coeur, c'est la force de l'amour partagé. La prière n'est pas différente de ça, elle est du domaine de l'amour mais de l'amour le plus grand et le plus confiant qu'on puisse expérimenter. Dieu ne nous prive jamais de sa chaleur et de sa lumière, il nous les donne sans cesse, si on veut bien. Prier, c'est éveiller ma sensibilité à cette présence constante du Père et de Jésus et accueillir en moi leur Esprit d'amour et de joie, pour en imprégner ma vie. Ma prière est apaisante quand elle est langage d'amour et vécu d'amour. C'est comme revenir à la maison paternelle, par moments, faire le plein de racines, de bonheur et de tendresse pour pouvoir continuer la route avec plus de force. Quand ma prière est une "rencontre" réelle et sincère avec Dieu, elle m'apporte son lot de bonheur, de lumière et de paix; elle simplifie ma vie et m'aide à grandir et à aimer plus et mieux.
Cécile Roussel
01 juin 2007
Un coeur parapluie
Il
faut si peu de choses pour être heureux quand le coeur se
simplifie et accueille la vie dans ce qu'elle a de beau. Il y a une
fraîcheur naïve et sage à la fois dans le bonheur
évangélique. Une capacité de s'émerveiller
des petites choses et de goûter les grandes et même de
les faire arriver. La réalité de l'expérience de
la foi chrétienne est loin des images de sériosité
et de morosité qui en sont projetées souvent. La
réalité où Jésus nous convie, loin d'être
lourde, est faite de bonheur simple et de générosité
naturelle, d'adaptation maximum à la vie elle-même, la vie
palpitante qui nous invite sans cesse. C'est la simplicité de
ne rien posséder vraiment, d'avoir tout à donner, rien
à défendre, de ne s'attacher à rien, même
pas aux peines ou aux déceptions qui passent dans notre vie.
Abandonner toute susceptibilité, pour libérer nos relations et partager un plus grand bonheur; apprendre à laisser
passer les mauvais moments en se laissant transformer par eux mais
en gardant, toujours, un fond inébranlable de ciel bleu. Ce
ciel bleu, c'est la force intérieure que me donne Jésus
quand j'accueille son message de grandeur humaine, d'amour et de
créativité infinis. En accueillant sa vision de la
vie et des choses, il se passe un changement en nous qui nous donne
du recul et de la force face à nos petits et grands malheurs
et qui nous rapproche des autres avec un coeur ouvert et plein de
vie, profondément confiant, libéré des soucis,
un coeur paisible, acceptant et aidant. Le bonheur qui pouvait
sembler un rêve devient soudain possible, s'apprivoise peu à
peu. Bien sûr, le ciel ne peut pas nous sembler bleu tous les
jours, il y a des moments plus durs, où on ressent des
"manques" plus ou moins profonds, mais l'important c'est de savoir que le ciel
bleu est la réalité et que les nuages ne sont que
passagers. Et alors le sourire revient dans le coeur et dans les
yeux.. quoi qu'il arrive. Avoir la foi, pour moi, c'est un peu ça...
avoir confiance dans le Ciel bleu; c'est croire en moi, en l'autre et
dans la vie, surtout quand ça va moins bien, quand on passe
des moments de turbulence; c'est avoir un coeur qui sourit même
sous la pluie et qui pense à abriter et protéger ceux
qui sont encore plus trempé que lui, une sorte de coeur
parapluie...
Cécile Roussel
